Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Domingue à la Convention

Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Domingue à la Convention


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Accueil › Etudes › Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Domingue à la Convention

  • Jean-Baptiste Belley, député de Saint Dominique à la Convention.

    GIRODET DE ROUCY TRIOSON Anne Louis (1767 - 1824)

  • Déclaration d’âge et de mariage des représentants de Saint-Domingue à la Convention nationale.

  • Situation de fortune de Jean-Baptiste Belley, représentant de Saint-Domingue à la Convention nationale.

  • Instructions secrètes données par Bonaparte pour l'expédition Leclerc à Saint-Domingue.

Jean-Baptiste Belley, député de Saint Dominique à la Convention.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

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Titre : Déclaration d’âge et de mariage des représentants de Saint-Domingue à la Convention nationale.

Auteur :

Date de création : 1795

Date représentée : 1795

Dimensions : Hauteur 27 - Largeur 18,5

Technique et autres indications : Déclaration en exécution des Articles 4 et 5 du décret du 5 fructidor an III/22 août 1795.Manuscrit.

Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales site web

Contact copyright : © Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Référence de l'image : C 352/1837/3/pièce 16

Déclaration d’âge et de mariage des représentants de Saint-Domingue à la Convention nationale.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

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Titre : Situation de fortune de Jean-Baptiste Belley, représentant de Saint-Domingue à la Convention nationale.

Auteur :

Date de création : 1795

Date représentée : 02 octobre 1795

Dimensions : Hauteur 27 - Largeur 18,5

Technique et autres indications : Situation de fortune de Jean-Baptiste Belley, représentant de Saint-Domingue à la Convention nationale, en exécution des Articles 4 et 5 du décret du 5 fructidor an III/22 août 1795. Déclaration du 10 vendémiaire an IV/ 2 octobre 1795.

Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales site web

Contact copyright : © Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographiesite web

Référence de l'image : C 353/1838/10/pièce 43

Situation de fortune de Jean-Baptiste Belley, représentant de Saint-Domingue à la Convention nationale.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

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Titre : Instructions secrètes données par Bonaparte pour l'expédition Leclerc à Saint-Domingue.

Auteur :

Date de création : 1801

Date représentée : 31 octobre 1801

Dimensions : Hauteur 31 - Largeur 20

Technique et autres indications : Instructions au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des colonies, à donner au général en chef capitaine général Leclerc.Chapitre III Instructions politiques intérieures, relatives aux Noirs et à leur chef. Minutes. 9 brumaire an X/31 octobre 1801. Page 32.Manuscrit.

Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales site web

Contact copyright : © Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographiesite web

Référence de l'image : AF/IV/863/21 p.32

Instructions secrètes données par Bonaparte pour l'expédition Leclerc à Saint-Domingue.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Date de publication : octobre 2006

Vidéo

Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Domingue à la Convention

Vidéo

Contexte historique

Un porte-parole efficace des hommes de couleur

A l’aube de la Révolution, Belley, ancien esclave à Saint-Domingue, affranchi grâce à son service dans l’armée pendant la guerre d’indépendance américaine, fait partie de la nouvelle classe des « libres de couleur », en développement dans les villes coloniales. Capitaine d'infanterie au moment des journées de juin 1793 au Cap-français, il combat du côté des commissaires civils contre les colons blancs et reçoit six blessures. L’arrivée à la Convention de ce premier député noir, accompagné de deux autres, Mills, un mulâtre et Dufaÿ, un blanc, fait sensation et incite l’Assemblée à décréter la première abolition de l’esclavage (16 pluviôse an II/ février 1794).

L’abolition officielle de l’esclavage n’a cependant pas désarmé les partisans des colons à Paris. Il se révèle un porte-parole actif des hommes de couleur, à la Convention puis au Conseil des Cinq-Cents, jusqu’en 1797.

Quand Gouly, député de l’Ile de France (Ile Maurice), réclame, après Thermidor, des lois particulières pour les colonies, Belley dénonce à l’assemblée le groupe de pression des colons, discours publié sous un titre à la saveur créole : « Le Bout d’oreille des colons ou le système de l’Hôtel Massiac mis à jour par Gouly ». Après Belley, cette élite venue d’outre-mer qui avait su un temps défendre les droits des non-blancs sera laminée.

Analyse des images

L’étrangeté du Noir

Le portrait de Jean-Baptiste Belley, en pied, sur fond de ciel bleu nuageux, devant le paysage de sa circonscription de Saint-Domingue, n’innove pas seulement par son esthétique somptueuse. Anne-Louis Girodet peint, en représentant officiel de la République, ce Noir en costume d’apparat dont le mandat vient de s’achever, alors même que les colons profitent de la réaction royaliste pour évincer tous les députés de couleur des assemblées du Directoire. A 50 ans, le visage sérieux, Belley est accoudé avec aisance au socle du buste de l’abbé Guillaume Raynal, sculpté par Espercieux. L’artiste fait de lui le vivant symbole de l’émancipation des Noirs annoncée par le philosophe.

La figure de ce Noir, exposée à Paris, en 1797 et en 1798, suscite une véritable fascination dans le public. L’artiste a placé de trois-quarts la tête, objet de la curiosité générale, à cette époque où l’on compare les caractéristiques morphologiques des blancs, des noirs et des singes. Rejetant en arrière des cheveux crépus déjà grisonnants, le visage osseux, au nez aplati, est éclairé par des yeux très vifs ; la mâchoire puissante ne présente aucun prognathisme.

Le contraste entre le costume, si extraordinairement raffiné qu’il évoque à lui seul la culture européenne, et le faciès sombre du modèle fait ressortir l’étrange différence de cet homme noir. Ce costume de député à la Convention, rappelle aussi que Belley a connu son heure de gloire lors de la première abolition de l’esclavage, en 1794. Les trois couleurs républicaines, qui ceignent la taille et le chapeau sont fondues dans des dégradés pastel et laissent tout le contraste chromatique au rapport entre le noir et le blanc. Les tonalités subtilement dégradées du visage noir de Belley ressortent contre le marbre blanc de la sculpture, comme sa longue main brune sur la culotte claire.

Déclarations de Belley à la Convention

L’adoption de la Constitution de l’An III suscite la déclaration par chaque député, de sa situation personnelle. De sa propre main, Belley révèle qu’il était né à l’île de Gorée au Sénégal, sans doute en 1747. Il a vécu 46 ans au Cap français et a donc été déporté à deux ans. Cette partie de Saint-Domingue est « territoire français » car la Constitution de l’An III divise les colonies en départements.

Belley déclare que sa fortune à Saint-Domingue consistait en « propriété pensante » ; l’expression qui désignait les esclaves que possédaient aussi bien les libres de couleur que les blancs est révélatrice des mentalités de l’époque.

Ses biens qui se réduisent, écrit-il, « à la garniture de ma chambre » ne lui permettaient pas de commander un portrait de cette ampleur, l’initiative de cette peinture revient donc probablement à Girodet.

Son mandat terminé, Belley obtient un grade de chef de brigade. Affecté à la gendarmerie de Saint-Domingue, il y retourne pour plusieurs missions à partir de 1798. En France, il exerce encore une présence influente à la Société des Amis des Noirs.

Les instructions secrètes de Bonaparte

Partisan de la fermeté face aux menées indépendantistes de Toussaint-Louverture à Saint-Domingue, Belley conseille l’intervention militaire à Bonaparte. Le Consulat le charge d’y réorganiser la gendarmerie nationale. Il prend part à l’expédition Leclerc de 1802 et débarque au Cap, le 11 février. Mais victime d’une arrestation arbitraire, dès le 12 avril 1802, il est déporté en Bretagne, à Belle-Ile-en-mer.

Son sort n’est pas ébruité ; il était scellé avant son embarquement par ces instructions secrètes élaborées sous les ordres directs du Premier Consul, dès le 31 octobre 1801, et remises au chef de l’expédition, le général Leclerc, beau-frère de Bonaparte. L’une d’elle concerne directement Belley sans le nommer : « On réorganisera la gendarmerie. Ne pas souffrir qu'aucun Noir ayant eu le grade au-dessus de capitaine reste dans l'île ». Le document, précis en matière militaire, se révèle très ambigu sur le statut des Noirs. En contradiction avec le maintien solennel de la liberté au début du chapitre, un pragmatisme indifférent aux principes doit succéder à la reconquête de l’île: » Quelque chose qu’il arrive, on croit que dans la troisième époque on doit désarmer tous les Nègres, de quelque parti qu’ils soient et les remettre à la culture ». Le rétablissement de l’esclavage se profile.

Interprétation

Girodet livre de Belley une image magistrale et symbolique, à une époque où l’homme noir fascine par son étrangeté et suscite des inquiétudes politiques et économiques pour l’avenir. Mais la personnalité de Belley garde son mystère.

Les instructions données par Bonaparte entraînent la fin dans le secret, à la forteresse de Belle-Ile, le 6 août 1805, de ce militaire, fervent républicain, trahi par l’arbitraire d’un autre soldat, à l’étoile montante.

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Bibliographie

Sylvain BELLENGER (dir.)Girodet, 1767-1824Paris, Musée du Louvre Editions/ Gallimard, 2005.

Thierry LENTZLa politique consulaire aux Antilles, dans Napoléon Bonaparte, Correspondance générale, T. 3 Pacifications 1800-1802. Paris, Fayard, 2006, pp. 1223-1236.

Erick NOELEtre noir en France au XVIIIe siècleParis, Tallandier, 2006.

Au Vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des colonies. Malmaison, 9 brumaire an X/31 octobre 1801.

Les instructions à donner au général en chef capitaine général Leclerc. dans Napoléon Bonaparte, Correspondance générale. T. 3 Pacifications 1800-1802Paris, Fayard, 2006, pp. 837-843.

Guide des sources de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitionsDirection des Archives de France, La documentation française, Paris, 2007.

Pour citer cet article

Luce-Marie ALBIGÈS, « Jean-Baptiste Belley, député de Saint-Domingue à la Convention »


Video: OMAR VICTOR DIOP: New african Portfolio - Radio Nova


Commentaires:

  1. Tem

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