Juive d’Alger

Juive d’Alger

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Titre : Juive d’Alger.

Auteur : CORDIER Charles (1827 - 1905)

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 91 - Largeur 64

Technique et autres indications : Bronze, bronze émaillé, marbre, onyx et porphyre

Lieu de Conservation : Musée des Beaux-Arts site web

Contact copyright : © Musée des beaux-arts de la ville de Troyes - Photo J.-M. Protte

Référence de l'image : D.879.2

© Musée des beaux-arts de la ville de Troyes - Photo J.-M. Protte

Date de publication : avril 2012

Contexte historique

Après la campagne d’Égypte de Bonaparte (1798-1801) et le début de la conquête de l’Algérie (1830), la France et la Grande-Bretagne étendent progressivement leur influence en Afrique du Nord. Poursuivant sur sa lancée ethnographique, il réalise quelques années plus tard cette Juive d’Alger.

Analyse des images

L’emploi d’une forme en buste pour ce portrait de femme n’éloigne guère Charles Cordier de la tradition classique, non plus que la pose du modèle, la tête légèrement inclinée sur la droite. Le recours à la polychromie représente une innovation plus importante, avec un assemblage savant de différentes pierres, marbre, onyx et porphyre, et du bronze pour la tête, lequel est émaillé pour la coiffe et la robe. Mais surtout, à l’instar de ses autres bustes d’Algériens, Cordier s’est attaché à rendre la physionomie autant que le costume de son modèle dans tout leur particularisme et leurs détails. Cette Juive d’Alger permet ainsi d’admirer la minutieuse restitution du vêtement, en particulier grâce au travail de l’émail.

Interprétation

« Le beau n’est pas propre à une race privilégiée ; j’ai émis dans le monde artistique l’idée de l’ubiquité du beau. Toute race a sa beauté qui diffère des autres races », a écrit Charles Cordier. Dès son premier portrait d’un Noir africain, Saïd Abdallah, de la tribu Mayac, royaume du Darfour, et dans ses figures d’Algériens, l’artiste sut rendre la noblesse de caractère de ses modèles, en valorisant leur exotisme, loin des considérations méprisantes qui avaient souvent cours. En choisissant une femme pour représenter la communauté juive d’Algérie, il sacrifiait sans doute à l’image répandue d’une « beauté hébraïque » (l’expression est de Théophile Gautier), mystérieuse et lointaine. En l’occurrence, ce sont les traits extrêmement classiques de cette figure qui frappent, donnant corps à l’idée, souvent énoncée par les voyageurs, d’une Antiquité biblique restée vivante en Orient.

Étude en partenariat avec le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme

  • orientalisme
  • Algérie

Bibliographie

Charles Cordier, 1827-1905 : l’autre et l’ailleurs, Paris, musée d’Orsay, 2004.Peter BENSON MILLER, « Un orientalisme scientifique : l’ethnologie, l’anthropologie et l’esclavage », dans L’Orientalisme en Europe, de Delacroix à Kandinsky, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, et Munich, Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, 2010-2011, p.115-131.Nicole SAVY, Les Juifs des romantiques, Paris, Belin, 2010.Les Juifs dans l'Orientalisme, Paris, Musée d'art et d'histoire du Judaïsme / Skira Flammarion, 2012

Pour citer cet article

Nicolas FEUILLIE, « Juive d’Alger »


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